Sarkozy et son "retournement de veste" au sujet de la TVA sociale

[A L’ASSEMBLÉE] : extrait de la séance du mardi 28/02/2012

M. Pierre-Alain Muet : Avec cette TVA dite sociale, en fait cette « TVA Sarkozy », vous faites une triple erreur, en même temps que vous commettez une injustice.

[...]En termes de durée annuelle, nous travaillons 150 heures de plus en France qu’en Allemagne : 1550 heures en France contre 1419 heures en France.

Ce débat sur le temps de travail, que vous perpétuez depuis dix ans, est donc absurde. C’est ridicule et vous proférez des contrevérités ; j’emploie ce terme pour être poli.

La mesure que vous allez prendre, à savoir un transfert d’imposition des entreprises vers les ménages, est, dans la conjoncture que nous connaissons, une mesure absurde. Absurde car nous avons une croissance faible et le pouvoir d’achat n’augmente pas, voire baisse. Quand on mesure d’ailleurs le pouvoir d’achat des ménages, on constate qu’en cinq ans, il aura baissé. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy est le seul qui aura vu une baisse du pouvoir d’achat par ménage.

Les chiffres le prouvent : le revenu disponible brut par ménage a baissé depuis cinq ans. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)

Vous commettez ensuite une erreur économique, car ce transfert enfoncera un peu plus notre pays dans la crise.

Un de vos prédécesseurs, madame la ministre, expliquait pourtant en mai 2004, s’appuyant sur ses services qui l’épaulaient lors d’une réunion de commission, que le transfert des cotisations patronales sur la TVA aurait un effet dépressif sur la croissance.

Il citait les chiffres qu’avait dû lui fournir la direction du Trésor et de la prévision économique : à l’époque, un point de TVA représentait 0,9 point de croissance en moins ; l’équivalent en allégement de cotisations n’était que de 0,4 point de croissance en plus. Quand on calcule la différence entre 0,9 et 0,4, on voit bien qu’un point de TVA dite sociale entraîne un demi-point de croissance en moins. Ce ministre s’appelait Nicolas Sarkozy : c’est la seule fois où il se soit exprimé en s’appuyant sur les travaux de ses services. Aujourd’hui, il a oublié tout cela.

"Sarkozy et Pécresse ou La Vérité si je mens"

[A L’ASSEMBLÉE] : extrait de la séance du mardi 28/02/2012

M. Jean-Pierre Brard : Madame la ministre, en vous écoutant tout à l’heure avec beaucoup d’attention, je me suis rappelé tout à coup que vous n’étiez pas seulement ministre du budget mais aussi porte-parole du Gouvernement. Vous donniez sa pleine signification à cette mission de porte-parole, c’est-à-dire ministre de la propagande.

Quand vous affirmez des choses à ce point différentes de la vérité, vous nous faites penser aux Nouvelles de Pyongyang ou bien à la Pravda. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.) On y lit de belles histoires mais, quand on ouvre la fenêtre, on voit une réalité complètement différente. Il paraît que le poste de rédacteur en chef des Nouvelles de Pyongyang est disponible. Peut-être pourriez postuler après le mois de juin ? Je suis sûr que vous seriez tout de suite sélectionnée tant votre talent est grand pour raconter des salades.

M. Jean-Pierre Soisson Vous exagérez ! Retirez vos paroles !

M. Jean-Pierre Brard : Monsieur Soisson, si vous voulez, nous irons faire un tour ensemble dans les caves, du côté de Saint-Bris, où le mythe de la caverne existe comme dans Platon.
Je ne m’adresse pas à vous, madame la ministre, car vous êtes très lucide sur vous-même, mais à ceux qui nous regardent, pour qu’ils sachent la vérité.

M. Jean-Pierre Brard : Vous savez, il paraît que Nicolas Sarkozy et Mme Pécresse se sont cotisés pour racheter les droits du film La Vérité si je mens. Cela leur promet sûrement un grand avenir, mais vous voyez que nous sommes bien loin de la vérité. (Sourires)

TVA Sociale : Puisque Sarko choisi la facilité plutôt que la justice

[AU SÉNAT] Extrait de la Séance du 22 Février 2012

M. Jean-Vincent Placé : Chers collègues de l'UMP, vous pouvez sans doute reprendre à votre compte cette analyse :
« Une augmentation généralisée de la TVA ? En aucun cas ! Pour une raison assez simple... C'est que ça pèserait sur le pouvoir d'achat des Français, sur la consommation des Français, et que ça serait injuste... Et j'ai le devoir de veiller à la justice. Et donc ça serait facile, mais injuste. »
Ces propos ont été tenus par le Président de la République, Nicolas Sarkozy, celui-là même qui défend aujourd'hui corps et âme cette mesure. « Facile, mais injuste » : il faut croire que vous avez choisi la facilité plutôt que la justice !

La TVA représente en effet l'impôt le plus injuste, pénalisant les ménages les plus modestes. Elle représente 14 % du revenu des ménages les plus pauvres, contre seulement 5 % du revenu des plus riches.

Déjà, le passage du taux réduit de la TVA de 5,5 % à 7 % a pénalisé les ménages et le développement durable, en s'attaquant à l'eau, aux transports en commun, à la rénovation des logements...

Désormais, c'est l'ensemble du budget des consommateurs qui sera touché, et ce en pleine période de crise.

« Plus c'est gros, mieux ça passe ! » la devise de Sarko ?

[AU SÉNAT] Extrait de la Séance du 22 Février 2012


M. Jean-Vincent Placé : Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, M. Marini a cité – pour la première fois de sa vie, a-t-il précisé – Daniel Cohn-Bendit. Plus modestement, je citerai un propos de sagesse populaire du Président Chirac : « Plus c'est gros, mieux ça passe ! » (Sourires.) Cette boutade, nous avons l'impression que le Président de la République actuel, l'a érigée en devise personnelle.

Cela fait maintenant cinq ans – longues années ! – que le pouvoir en place mène une politique économique désastreuse pour la France, les Françaises et les Français, cinq ans que nous nous engageons sur un chemin où la rigueur et l'injustice forment le seul modèle que nos dirigeants soient capables de nous proposer. Et, manifestement, ils récidivent !

Plus c'est gros, mieux ça passe… Alors, allons raconter aux Français qu'en augmentant la TVA on n'augmente pas les impôts, que ça n'augmentera pas les prix et que c'est bon pour eux !

Forcément, là, ça ne passe plus ! L'arbre ne cache plus la forêt : le désastre est trop important, trop visible.

Nicolas se rappelle-t-il, le soir, de ce que Sarkozy a dit le matin ?

[A L'ASSEMBLEE] : Extrait de la séance du mardi 21/02/2012

Mme Sandrine Mazetier. Ma question s’adresse à M. le Premier ministre.

« Je n’augmenterai pas les impôts, mais, au contraire, ferai tout pour les baisser » : tel est l’engagement que prenait le candidat Sarkozy, dans son programme, en 2007.

En juin de la même année, dans un communiqué martial, la présidence de la République précisait même que Nicolas Sarkozy n’accepterait « aucune augmentation de la TVA dans sa forme actuelle, qui aurait pour effet de réduire le pouvoir d’achat des Français. »

Était-ce un matin ? En tout cas, il n’aura tenu ses promesses que pour les seuls visiteurs du soir du Fouquet’s (Protestations sur les bancs du groupe UMP), eux qui ont bénéficié, depuis en 2007 et tout au long du quinquennat, du bouclier fiscal.

En juin dernier, au mépris de la crise et de la dette, que le Gouvernement a creusée, vous avez fait voter par la majorité un allégement de 2 milliards d’euros pour les plus grandes fortunes, alors qu’à l’automne, la même majorité votait l’augmentation du taux réduit de TVA, pour tous les Français cette fois.

En octobre 2011, dans l’émission Face à la crise, devant des millions de nos concitoyens, Nicolas Sarkozy se déclarait opposé à une hausse généralisée de la TVA, pour une raison simple, disait-il. Cela pèserait sur le pouvoir d’achat et la consommation des Français.

Pourtant, dans quelques instants, votre majorité, monsieur le Premier ministre, votera une nouvelle augmentation de la TVA, qui frappera tous les Français, notamment les catégories populaires, les classes moyennes, les familles, les retraités, les travailleurs. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

Alors, ma question est simple : Nicolas se rappelle-t-il, le soir, de ce que Sarkozy a dit le matin ? Le candidat de 2007 honore-t-il le Président de 2012 ? Le candidat de 2012 sait-il vraiment ce qu’il dit, ce qu’il promet ? Qui faut-il croire ? En tout cas, nous, nous ne croyons qu’une seule personne…

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